08 août 2007

Tu l'as dit Goofy !

Perdre son compagnon c'est perdre ce qui donnait un sens au monde qui nous entoure. Le vide ne naît pas de l'espace alors laissé vacant suite au départ de l'autre mais de la disparition de ce qui nous reliait au monde extérieur : tout devient lointain, étranger et inutile car tout apparaît désincarné en l'absence de ce filtre qui nous relie à l'au-delà du soi.

07 août 2007

Reste pas là comme ça ! Rends-toi utile !

Il est fréquent de croiser sur les trottoirs parisiens les petites grands-mères trainant à bout de bras leur caddy de courses qui couine (parfois c'est plutôt l'inverse : la mamie qui couine ou le caddy qui traine la grand-mère...) rempli de poireaux et de boîtes de paté pour chien ou chat.

C'est plus rare de croiser une mamie, une vraie avec blouse synthétique à fleurs sous un gilet de laine bleu clair avec des boutonnières si élargies par l'usure qu'on pourraît y passer un bras, équipée d'un caddy tout crasseux tiré de la main gauche alors que la main droite tient une pince téléscopique.

Non pas que sa taille eut nécessité un tel outil pour qu'elle n'atteigne lesdits poireaux dans les étalages mais la civilité étant sans doute comme la bêtise répartie avec la plus grande inégalité, cette petite mamie s'était trouvé comme occupation le ramassage des papiers et détritus parsemés dans son quartier.

Donner un sens à sa vie.

06 août 2007

On t'a dit de consulter...

Il reçoit le courrier d'une administration quelconque qui tardait à lui parvenir et des larmes de bonheur lui montent aux yeux.

Messie j'te l'dis !

Il portait un pantalon de cuisinier de deux tailles trop petit qui laissait voir le haut de ses brodequins noirs. Le torse nu, la peau détendue s'affaissant comme fondue par le temps. Ses cheveux ne formaient plus que quelques mèches teintes en jaune orangé alors que sa barbe sale était grise. Il m'est apparu aujourd'hui et plutôt que de marcher sur l'eau qui ruisselle dans les caniveaux de ce mois d'août, il venait à moi en Vélib' !

Il avait la priorité.
Quel succès !

13 juillet 2006

Sacerdoce

Gay Pride, 24 juin 2006 (Paris).

Prise de position

Place de l'Hotel de Ville (Paris I).

Pin-up

Persistance noctilienne

Avenue Victoria (Paris I).

10 juillet 2006

Drive-In

Fleur de Lis. Parc de Bagatelle (Paris XVI).

Complètement zinc de toit !

03 juin 2006

Brin de soleil

28 mai 2006

Week-end en famille

Ils entrent en scène pour une nouvelle représentation de quelques jours et la toute première tirade déclamée est le la qui me donne immédiatement le ton sur lequel sera jouée toute la pièce. Je sais dès lors qu’en dépit des nombreuses improvisations que se permettront les acteurs, un fil conducteur improbable me mènera d’échanges oiseux en révélations plates. Toutes ces péripéties improbables se dérouleront sur les rythmes successifs et parfois entremêlés de la confidence douceâtre, du questionnement distrait ou de l’altercation électrique qui noiera cette distribution immuable dans un brouhaha incompréhensible.

Les rôles sont joués à la perfection et les acteurs sont servis par une mise en scène qu’ils ont nourrie de leur incessant travail de répétition en mon absence. Je perçois la febrilité dans les coulisses mais la lourde machinerie qui accorde ce grand jeu est devenue totalement transparente pour le spectateur intermittent que je suis désormais.

Tous les rouages se sont mis en branle avant même que le rideau ne se lève. C’est une pièce de boulevard qui se joue encore cette fois et je sais qu’immanquablement un des personnages prendra bientôt à partie l’unique spectateur que je suis : la pièce se joue pour et avec moi. Au moment d’entrer dans mon rôle de spect-acteur, je donne la réplique sans réelle conviction. Mes efforts pour donner vie à mon personnage surfait sont vains car je ne peux me fondre dans un rôle dont j’ai perdu la maîtrise. Une meilleure assiduité aux répétitions m’aurait probablement permis d’adapter mon jeu à celui des autres membres de la troupe. Mon manque d’enthousiasme est patent. Je m’empresse de regagner discrètement ma place de simple spectateur dès que ma réplique est donnée. La machinerie retrouve aussitôt son équilibre. Le mouvement dont je ne suis plus le frein repars de plus belle et les acteurs donnent le meilleur d’eux même.

Les coulisses me sont devenues étrangères. Je n’ai plus vraiment ma place dans cette farandole et la distance qui me sépare de la scène me replonge dans une obscurité protectrice. Mais, comme seul le spectateur justifie la représentation dans laquelle chacun s’épanouit dans son personnage, il me faut être présent dans la salle à chaque jour de représentation.

Je suis dans et hors du cercle.

Sortie épuisante